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    November 06

    La Cordillère péruvienne, victime du réchauffement climatique

    Le retrait du plus haut glacier tropical s’accélère. Au pied de la Cordillère Blanche, nous avons observé ce phénomène, écouté les craintes et les doutes des chercheurs.

    Les glaciers de la "Cordillera Blanca", dans les Andes, seraient en danger. En 40 ans, la plus importante masse glaciaire tropicale a perdu pratiquement 30% de sa surface. "De 1976 à aujourd’hui, on a observé un retrait de 20 mètres par an, contre moins de 10 mètres par an entre 1948 et 1975", nous explique Jesús Gómez, glaciologue auprès de l’Autorité nationale de l’eau (Autoridad Nacional del Agua).

    A première vue pourtant, la Cordillère blanche n’a rien perdu de sa superbe. A notre arrivée à Huaraz, au nord du Pérou, nous découvrons le deuxième attrait touristique du pays, après la Vallée Sacrée de Cuzco. Ses pics enneigés se succèdent sur 200 kilomètres, et les randonneurs et férus d’escalade se pressent sur ses cîmes.

    C’est seulement à l’approche du glacier de Pasto Ruri, à 5000 mètres d’altitude, que nous prenons conscience des conséquences du changement climatique. Le glaciologue nous fait remarquer les évolutions, photos des années 80 à l’appui. Sur une dizaine de mètres la glace a cédé la place aux roches sombres riches en fer. Un petit lac s’est même formé.

    Le glacier du Pasto Ruri en août 2005
    Le Pasto Ruri en août 2005

    "Cette lagune n’existait pas avant, elle s’est développée entre 2004 et 2007, du fait d’une forte fonte", décrit Jesús Gómez. Ce petit lac proglaciaire pourrait se transformer en véritable bombe à retardement si son volume d’eau stocké devenait important. Dans cette région à fort risque sismique, les autorités craignent de voir ce type de retenues d’eau se rompre lors d’un tremblement de terre et se déverser sur les villes de la vallée.

    Des réserves d’eau importantes en saison sèche

    Tous les glaciers péruviens ont un "bilan de masse négatif", ils perdent plus d’eau qu’ils n’en accumulent à l’échelle annuelle, nous apprend Thomas Condom, hydrologue français détaché à l’Institut de Recherche et du développement de Lima. Pour lui, pas de doute, le climat observé depuis 30 ans est bien le principal responsable de ce retrait. L’augmentation observée de la température a sa part de responsabilité: la station de Recuay, à 3.400m, a relevé une moyenne annuelle de moins de 11°C en 1970 contre 13°C en 1994. Le scientifique nuance toutefois:  "Il faut aussi prendre en compte le niveau des précipitations. Les niveaux de températures ne sont pas les seuls à jouer sur l’existence et le volume d’une masse glaciaire."

    Le glacier du Pasto Ruri en août 2007

    L’hydrologue s’inquiète avant tout des conséquences que pourrait avoir une disparition des glaciers sur les communautés qui vivent en contrebas. D’après ses calculs, dans le Rio Santa, l’une des deux rivières alimentées par la chaîne andine, 10% du volume d’eau provient de la glace perdue sur les 30 dernières années. Un pourcentage faible en comparaison des eaux de pluies, mais qui s’avère beaucoup plus important en saison sèche.

    Un gouvernement inefficace

    Jesús Gómez estime que le président Alan Garcia ne prend pas la mesure du problème et se contente de multiplier les effets d’annonce. "Il y a de grandes campagnes pour dire que le gouvernement a planté des millions d’arbres, mais il n’y a pas de suivi", critique-t-il. Le directeur d’AgroRural, un programme de développement productif du ministère de l’agriculture péruvien, réplique: "Nous ne pouvons freiner la fonte des glaciers mais nous agissons contre  le réchauffement climatique avec nos campagnes de reforestation."

    Mais là n’est pas le problème numéro un selon Jesús Gómez. Sur la route de Lima, menant à la Cordillère, le glaciologue marque un arrêt pour nous montrer des résidus miniers au bord du Rio Santa. La mine est aujourd’hui fermée, mais en temps de pluie des particules de fer, plomb et zinc se déversent directement dans la rivière. "Il faudrait que le gouvernement fasse de la dépollution des cours d’eau une priorité", souligne-t-il.

    Dans une région où l’eau est disputée entre communautés paysannes et entreprises privées, le réchauffement climatique n’est pas forcément le premier ennemi à combattre. Les Péruviens doivent d’abord s’organiser pour partager au mieux cette ressource.

    November 01

    La banquise arctique fond moins cette année mais reste le 3ème moins bon résultat en 30 ans

     

    30/10/2009, 12:47
    Étendue moyenne de la banquise arctique en septembre 2009, en rose la médiane 1979-2000Étendue moyenne de la banquise arctique en septembre 2009, en rose la médiane 1979-2000
    Crédit : National Snow and Ice Data Center

    A la fin de l'été Arctique 2009, la banquise arctique était plus importante que les deux records de fonte des années précédentes, 2007 et 2008. Cependant, la glace de mer n'a pas retrouvé ses niveaux précédents. L'étendue de la glace de mer en septembre restait la troisième plus faible depuis le début des enregristrements par satellites en 1979, et les cinq dernières années demeurent les cinq années avec les plus faibles étendues selon les données satellite.

    Le Directeur et Scientifique principal du NSIDC (Centre de données nationales sur la neige et la glace) Mark Serreze a déclaré : « C'est bien de voir une petite amélioration par rapport aux deux années précédentes, mais il n'y a aucune raison de penser que nous prenons la direction d'un retour aux conditions des années 70. Nous nous attendons toujours à voir des étés sans glace à un certain moment dans les décennies à venir. »

    L'étendue de glace moyenne pour le mois de septembre, un mois qui sert de référence comparative pour les études sur le climat, était de 5,36 millions de kilomètres carrés. C'était 1,06 millions de kilomètres carrés de plus que le plus bas record pour ce mois en 2007, et 690 000 kilomètres carrés de plus que la deuxième plus faible extension de 2008. Toutefois, la couverture de glace était encore de 1,68 millions de kilomètre carrés en-deça des moyennes de septembre entre 1979 et 2000. La glace de mer de l'Articque décline actuellement à un taux de 11,2 pourcent par décennie, par rapport à la moyenne de 1979 à 2000.

    Les températures de la surface de la mer en Arctique cette saison restent supérieures à la normale, mais légèrement inférieures à celles des deux dernières années, selon les données de Mike Steele de l'Université de Washington à Seattle. Ces conditions plus fraîches, qui proviennent largement d'un ciel couvert au cours du dernier été, ont ralenti la perte de la glace par rapport aux deux années précédentes. De plus, les modèles atmosphériques d'août et septembre ont aidé à étendre la couche de glace, ce qui a maintenu l'extension.

    La couverture de glace est restée mince, ce qui la laisse vulnérable face à la fonte des étés à venir. Les scientifiques utilisent des satellites pour mesurer l'âge de la glace, donnée fournie par l'épaisseur de la glace. Cette année, une glace plus jeune (moins d'un an) et plus fine, donc plus susceptible de fondre, représentait 49 % de la couverture de glace à la fin de l'été. La glace de deux ans représentait 32 %, par rapport au 21 % de 2007 et 9 % de 2008. Seuls 19 % de la couverture de glace avait plus de deux ans, le niveau le plus faible enregistré par le satellite situé bien en-dessous de la moyenne de 52 % établie entre 1981 et 2000. Plus tôt au cours de l'été, le chercheur de la NASA Ron Kwok et ses collègues de l'Université de Washington à Seattle, ont publié des données du satellite montrant que l'épaisseur de la glace avait décliné de 0,68 mètres entre 2004 et 2008.

    Le scientifique du NSIDC Walt Meier a déclaré : « Nous avons préservé une bonne quantité de glace d'un an et de deux ans après cet été par rapport aux deux dernières années. Si cette glace reste en Arctique jusqu'à la fin de l'hiver, elle va épaissir, ce qui laisse espérer que la couverture de glace se stabilise pour les années à venir. Cependant, la glace est toujours plus jeune et plus fine qu'elle ne l'était dans les années 80, ce qui l'expose à la fonte pendant l'été. »

    La glace de mer de l'Arctique suit son cycle annuel de fonte et de regel, fonte pendant les doux mois d'été et regel en hiver. La glace de mer reflète la lumière du soleil, gardant la région Arctique fraîche et modérant le climat mondial. Bien que l'extension de la glace de mer varie d'une année sur l'autre à cause des changements de conditions atmosphériques, l'extension de glace a montré un dramatique déclin au cours des trente dernières années. Pendant cette période, l'extension de glace a décliné à un taux de 11,2 % par décennie au cours du mois de septembre (par rapport à la moyenne établie entre 1979 et 2000), et d'environ 3 % par décennie pour les mois d'hiver.

    Régression de l'étendue de la banquise arctique depuis 1979
    Crédit : National Snow and Ice Data Center

    Le scientifique en chef du NSIDC Ted Scambos a déclaré : « Beaucoup de gens vont regarder le graphique de l'extension de la glace en pensant que nous sommes sortis des difficultés du changement climatique. Mais les conditions sous-jacentes sont toujours très préoccupantes. »

    October 05

    Réchauffement climatique: Les mensonges du GIEC

    dimanche 4 octobre 2009

     

    Voici une conférence (à Nantes) du géologue et géophysicien, le professeur Vincent Courtillot, dans laquelle celui-ci remet en cause les conclusions du GIEC et met en lumière les mensonges colportés sur le réchauffement climatique.

    Ancien élève de l'École des mines de Paris, docteur ès sciences, diplômé de l'université de Stanford (Californie), professeur de géophysique à l'université Denis-Diderot à Paris, il a enseigné à l'université de Stanford, Santa Barbara et au California Institute of Technology (Caltech). Il a été directeur de la recherche et des études doctorales au ministère de l'Éducation nationale, conseiller spécial du Ministre de l'Éducation nationale, de la recherche et de la technologie (1997-1998), puis directeur de la recherche (1998-2001). Depuis 2002, il préside le Conseil scientifique de la Ville de Paris. Il est le directeur de l'Institut de Physique du Globe de Paris depuis 2004.


     

    Résumé de la conférence en quelques lignes: ICI.
    Publié par Amaury à l'adresse 12:12
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    May 01

    Un morceau de glace de la taille de New York s’effondre en Antarctique

     
     
     
    29/04/2009  Par Sandra BESSON

    A la suite de l’effondrement il y a plusieurs semaines d’un pont de glace dans la barrière de glace Wilkins située dans la péninsule Antarctique, un morceau de glace de 700km² s’est détaché à son tour de la barrière de glace pour former une masse d’icebergs.
     
    Un morceau de la barrière de glace Antarctique presque aussi gros que la ville de New York s’est détaché au cours du mois et s’est transformé en iceberg à la suite de l’effondrement d’un pont de glace, cet évènement ayant été probablement causé par le réchauffement climatique, d’après ce qu’a déclaré une scientifique mardi.
     
    « Le front de glace du nord de la Barrière de Glace Wilkins est devenu instable et les premiers icebergs se sont détachés » a déclaré Angelika Humbert, glaciologue à l’Université de Münster en Allemagne, en se basant sur les images satellites de la barrière de glace prises par l’Agence Spatiale Européenne.
     
    Angelika Humbert a déclaré qu’environ 700km² de glace –soit une superficie plus importante que Singapour ou Bahreïn et presque aussi grande que celle de New York- s’étaient détachés de la Barrière Wilkins au cours du mois et s’étaient disloqués en une masse d’icebergs.
     
    Les températures sur la Péninsule Antarctique ont augmenté de 3°C au cours du siècle 
     
    Elle a ajouté que 370 km² de glace s’étaient détachés de la Barrière Wilkins au cours des derniers jours. La Barrière Wilkins est la dernière en date des dix barrières de glace de la Péninsule Antarctique à se réduire, dans une tendance probablement liée au réchauffement climatique, d’après les estimations du Groupe Intergouvernemental d’Experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat.
     
    Les nouveaux icebergs se sont ajoutés aux 330 km² de glace qui s’étaient détachés au cours du mois, lors de l’effondrement d’un pont de glace, qui maintenait en place la Barrière de Glace Wilkins entre l’île Charcot et la Péninsule Antarctique.
     
    Neuf autres barrières de glace –c’est-à-dire des énormes blocs de glace flottant sur la mer et reliés à la côte- ont vu leur superficie diminuer ou se sont même effondrés autour de la péninsule Antarctique au cours des 50 dernières années, souvent de manière très soudaine, comme pour les barrières Larsen A en 1995 ou Larsen B en 2002.
     
    Cette tendance semble largement liée au changement climatique, provoqué par les gaz à effet de serre provenant de la combustion des carburants fossiles par les êtres humains, d’après David Vaughan, un scientifique du British Antarctic Survey, qui avait atterri en avion sur le pont de glace de la barrière Wilkins en janvier dernier.
     
    Angelika Humbert a déclaré pour sa part que selon ses estimations, la Barrière de glace Wilkins pourrait perdre entre 800 et 3000 km² de superficie de glace à la suite de l’effondrement du pont.
     
    La Barrière de Glace Wilkins a déjà perdu un tiers de sa taille originale de 16 000 km², qui avait été calculée lorsqu’elle avait été localisée pour la première fois il y a plusieurs dizaines d’années. Sa glace est tellement épaisse qu’il a fallu au moins plusieurs centaines d’années pour qu’elle se forme.
     
    Les températures sur la Péninsule Antarctique ont augmenté de 3°C au cours du siècle, d’après David Vaughan, une tendance que les scientifiques climatiques associent au réchauffement climatique, largement lié aux activités humaines.
     
    La disparition des barrières de glace ne peut pas faire augmenter le niveau des mers de manière significative car la glace est une glace flottante, et est déjà très largement recouverte par l’océan.
     
    Mais la principale inquiétude des scientifiques est que leur disparition permettra aux calottes glaciaires placées sur le continent de se déplacer plus rapidement, ce qui en revanche fera augmenter le niveau d’eau de la mer.
     
    La Barrière Wilkins ne compte presque aucun glacier derrière elle, mais d’autres barrières de glace situées plus au sud de la Péninsule Antarctique, retiennent de grands volumes de glace derrière elles. Si elles venaient à s’effondrer, ces quantités considérables d’eau potentielle seraient alors relâchées dans l’océan, où elles fondraient plus rapidement.
     
    Le Conseil Arctique, qui regroupe des nations possédant des territoires en Arctique, devrait se réunir à Tromsoe au nord de la Norvège mercredi, pour débattre de l’impact de la fonte de la glace dans le nord.
     
    April 15

    Le réchauffement climatique encouragerait certains oiseaux à se reproduire

     

    Paru le 2009-04-14 17:00:00

    Grande-Bretagne – Les populations d’oiseaux évoluent. Les recherches ont montré que le réchauffement climatique aide certaines espèces, jusque-là absentes en Grande-Bretagne, à se reproduire et à s’installer outre-Manche. Cependant, de nombreuses autres espèces sont menacées par le phénomène.

    Le "Rare Breeding Birds Panel" (RBBP) a recensé plusieurs espèces d’oiseaux. Ainsi, les populations d’aigrettes garzettes, de grues et de mouettes mélanocéphales ont atteint leur plus grand nombre d’individus depuis les enregistrements commencés en 1973.

    Les résultats de l’enquête 2006 publiés dans le journal British Birds ont montré que l’augmentation des espèces, comme l’alouette lulu ou la fauvette pitchou, était en général due aux hivers plus doux. Cependant un climat plus doux peut avoir un impact négatif sur certaines espèces du Nord comme le bécasseau violet ou le bécasseau de Temminck, pour lesquelles on ne comptait qu’un seul oiseau en 2006.

    Mark Eaton du RBBP déclare : "Le rapport est la preuve que nos populations d'oiseaux changent. L’avocette, la mouette mélanocéphale, le roitelet triple-bandeau ou la bouscarle de Cetti profitent de leur meilleure année alors qu'il y a un siècle ces espèces ne se reproduisaient même pas en Angleterre ». Il précise que « le rapport montre cependant que le torcol fourmilier, qui était l'une des espèces les plus répandues, est aujourd’hui proche de l'extinction".

    Selon Mark Holling, secrétaire du RBBP, les espèces typiquement méditerranéennes comme le roitelet triple-bandeau, essaient de se reproduire occasionnellement en Grande-Bretagne, mais leur présence n'est donc pas due à une expansion générale, contrairement au cas de l’aigrette garzette. Il constate par contre que pour le guêpier d’Europe, les essais de reproduction sont de plus en plus fréquents, ce qui laisse présager une future installation de cette espèce en Grande-Bretagne.

    Mark Holling pense que le déclin d’espèces comme le loriot d’Europe est probablement dû au changement de disponibilité de son habitat, par exemple à cause de la disparition de certaines plantations qui constituaient son habitat. "Le climat se réchauffe peut-être mais si leur habitat disparaît, les oiseaux ne pourront pas trouver d'endroits pour se reproduire avec succès".

    Certaines espèces ont été favorisées par la mise en place de réserves naturelles tandis que les oiseaux de proie ont bénéficié de protections. C'est le cas de la grue qui était vouée à disparaître avec seulement 10 couples reproducteurs recensés, mais qui a pu retrouver un habitat propice et se multiplier grâce aux réserves naturelles.

    April 14

    Un possible sursis dans la lutte contre le réchauffement climatique

    Paru le 2009-04-07 19:51:00 | 225 lectures

    Leeds, Angleterre - Les plantes et les arbres poussent plus vite à cause de l’augmentation du niveau de dioxyde de carbone atmosphérique. La flore absorbe quelques milliards de tonnes du CO2 total relâché dans l’atmosphère par l’Homme. Sans cela, le changement climatique s’accélérerait.

    Le phénomène a été observé sur une grande variété de flore : des forêts tropicales humides aux cultures de betteraves sucrières britanniques. Lors de la photosynthèse, les plantes absorbent le CO2 de l’air et utilisent l’énergie de la lumière pour produire les matières organiques qui leur sont nécessaires. Depuis 1750, la concentration de CO2 dans l’air a augmenté de 278 ppm (partie par million) à plus de 380 ppm, rendant la tâche plus facile aux plantes pour croître plus rapidement.

    Une étude de l’université de Leeds, publiée dans le journal scientifique Nature, a mesuré la circonférence de 70 000 arbres à travers 10 pays africains et l'a comparée à des enregistrements similaires réalisés 40 ans plus tôt. En moyenne les arbres poussent plus vite et les chercheurs ont montré que chaque hectare de forêt africaine piégeait 0,6 tonne de plus de CO2 par an que dans les années 60.
    Si le phénomène est le même pour toutes les forêts tropicales, elles capteront près de 5 milliards de tonnes de CO2 atmosphérique par an.

    Le professeur Martin Parry, directeur du département de sciences végétales Rothamsted Research, principal centre de recherche en agriculture du Royaume-Uni, affirme : « Il n’y a pas de doute sur le fait que l’enrichissement de l’air en CO2 augmente la croissance des plantes dans beaucoup de régions. Le problème est que les hommes en rejettent tellement que les plantes ne peuvent en absorber qu’une petite partie ». L’Homme générerait environ 50 milliards de tonnes de CO2 par an.

    Les scientifiques pointent du doigt les conclusions hâtives de ce type de recherches. Bien que le CO2 améliore la croissance des plantes, d’autres facteurs associés au changement climatique, comme l’augmentation de la température ou la sécheresse, ont, eux, des effets négatifs sur les végétaux.

    Fred Pearce, consultant en environnement pour le New Scientist, déclare : « Nous savons que les arbres absorbent le dioxyde de carbone atmosphérique […] Mais ça ne change pas le problème des gaz à effet de serre qui s’accumulent. Cela ne nous fera pas gagner de temps tant que les hommes rejetteront autant de CO2 dans l’air, mais c’est une information utile si elle peut aider à protéger les forêts existantes ».

     

    le seuil des 2° C pourrait être dépassé

    Réchauffement climatique :

    soleil.jpgSelon certains membres du Giec, le réchauffement climatique devrait probablement dépasser le seuil des 2°C, seuil considéré comme "dangereux" par l'Union européenne.

    Interrogés par l'agence Reuters, neuf des onze membres du groupement international d'expert sur le climat estiment que les élements démontrant la responsabilité de l'activité humaine dans l'évolution du climat ont gagné en importance ces deux dernières années. Ils anticipent également une fonte des glaces plus rapide que celle prévue dans les anticipations de 2007.

    William Hare, de l'institut de recherche de Postdam sur les effets du climat confie à Reuters qu'un "grand nombre des effets que nous observons aujourd'hui dépassent ce que nous anticipions". A tel point que pour dix des onze experts, il est au mieux "improbable" que la communauté internationale puisse contenir le réchauffement sous les 2°C, seuil jugé comme "dangereux" par l'Union européenne.

    David Karoly de l'Université de Melbourne explique que "la concentration dans l'atmosphère de gaz à effet de serre à durée de vie longue est déjà suffisante pour provoquer un réchauffement supérieur à 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, et nous continuons d'en émettre toujours plus".


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    la plaque Wilkins s’est détachée de l’Antarctique

    Réchauffement climatique :

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    “La façon dont la glace s'est brisée est stupéfiante. Voici deux jours encore, elle était intacte “

    Les effets du réchauffement climatiques sont particulièrement ressentis et visibles aux pôles. Le 3 avril dernier, l’Agence spatiale européenne (ESA) et la DLR (Agence spatiale allemande) ont rendu public des clichés satellite de la péninsule Antarctique montrant le début d'un processus de dislocation de la plate-forme Wilkins. Le 4, la plaque n’était plus reliée au continent.

    La dislocation de la plaque de glace « augure probablement d'un effondrement plus important, lié au réchauffement du climat de la planète », a déclaré le glaciologue David Vaughan. La photo satellite montre qu'un pont de glace de 40 km de long, qui maintenait en place la plaque Wilkins, s'est brisé à son point le plus étroit, là où il ne mesurait que 500 mètres de large. « La façon dont la glace s'est brisée est stupéfiante. Voici deux jours encore, elle était intacte ». Selon l’ONU, la dislocation de plaque dans l'Antarctique risque de menacer la stabilité des glaciers qui l'alimentent.

    « Ce à quoi nous nous attendons désormais, dans les prochains jours, voire les prochaines semaines, c'est à une perte de superficie de la plaque Wilkins de 800 km2 dans le meilleur des cas et de 3 700 km2 dans le pire », explique Angelika Humbert, glaciologue à l'Institut de géophysique de l'Université de Münster. Cette grande plaque de glace est en partie tenue en équilibre grâce à un pont de glace flottant entre l'île Latady et l'île Charcot. Cette dernière « va devenir pour la première fois dans l'histoire une véritable île, libre de glace à certains moments », a expliqué David Vaughan.

    Un phénomène de plus en plus rapide

    Cet événement ne surprend pas réellement les scientifiques selon qui il s'inscrit « dans la continuité de ce qu'on observe depuis plusieurs années, avec notamment les ruptures intervenues en 1995 et 2002 des plates-formes de glace Larsen A et B ». En revanche, la rapidité avec laquelle cela se produit est inquiétant. Selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), « l'effondrement du pont reliant la plaque glaciaire de Wilkins ne devrait pas avoir de conséquence directe sur le niveau de la mer et son élévation ».

    Si l’augmentation du niveau de la mer n’est pas un sujet de préoccupation pour le moment, l’effondrement du pont de glace reliant la plaque Wilkins à l'Antarctique va entrainer « une expansion de la surface de mer qui absorbera ainsi une partie plus importante des rayonnements du soleil, et contribuera à l'accélération du réchauffement climatique », a expliqué Christian Lambrechts, responsable de la division Alerte précoce du PNUE.

    Une région en voie de disparition

    La plaque Wilkins est sous surveillance depuis plusieurs années maintenant. Pour certains scientifiques, elle joue le rôle de baromètre du changement climatique qui affecte l'Antarctique. Une région plus sévèrement touchée par ce phénomène que le reste du monde. « En 50 ans, la température moyenne de l'Antarctique a gagné 2,5°C contre 0,5°C en moyenne mondiale ». La plaque fait environ 16 000 km2. « En 2008, elle avait perdu environ 1.800 km2, soit 14 % de sa surface », a indiqué l'ESA. Si la totalité des glaces de l'Antarctique fondait, le niveau moyen des mers du monde monterait de 57 mètres.


     

    April 06

    Quand la mer gagne du terrain sur la terre… Direction la Polynésie…

     
    A l'occasion des "Rencontres Environnement et outre-mer", qui se tenaient l'an dernier déjà,Christian Estrosi avait insisté sur le risque de disparition de certaines de nos îles, des îles submergées par la montée des eaux en raison du réchauffement climatique, et notamment en Polynésie française.
    Pour le secrétaire d'État à l'outre-mer, ces territoire ne doivent pas rester en dehors des efforts du Grenelle de l'environnement et lutter avec leurs forces contre ce constat..
    La mer avance sur le rivage et grignote le territoire....
    L'eau salée qui s'infiltre sous le sable crée de petits lacs à l'intérieur des terres, ce dont les habitants se passeraient bien, et dans de nombreuses îles, le réchauffement climatique n'est pas seulement un phénomène décrit de loin mais une réalité qui menace très directement des écosystèmes uniques et met déjà en danger les populations locales. Pour éviter que le flot de réfugiés climatiques ne grossisse encore, le secrétaire d'Etat a plaidé pour une participation à part entière de ces territoires du bout du monde aux efforts demandés après le Grenelle de l'environnement.
    "Le réchauffement climatique et ses conséquences, notamment sur l'élévation du niveau des océans, sera la cause directe de la disparition de certaines îles, et de l'exode de leurs populations", a affirmé Christian Estrosi, les territoires ultra-marins ont fait l'objet d'un chapitre spécial lors du Grenelle un objectif d'autonomie à 50% des collectivités d'outre-mer à l'horizon 2020, en termes de consommation, notamment grâce aux énergies renouvelables, avait été abordé…
    Un comité opérationnel devait aussi être mis en place pour suivre l'application de ces mesures.

    Mais à qui appartient vraiment la responsabilité de la montée des eaux qui pourrait être fatale à de nombreux atolls polynésiens ? "L'outre-mer ne peut être absent de toute action en faveur de cette limitation impérative des rejets de CO2", avait ajouté Mr Estrosi avant de préciser dans le même temps que les départements ultra-marins étaient déjà en avance en termes d'énergies renouvelables par rapport à la métropole.

    Face à la montée des eaux, évaluée entre 20 et 60 cm par an selon le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat, et en raison de leur situation géographique, "les petites îles sont toutes seules", perdues au milieu de l'océan, ce qui n'arrange pas leur situation…
    Affaire à suivre

    Source: Europe1.fr, février 2008

                    fabrice, pour la Rédaction.

    March 27

    Le réchauffement climatique responsable à 37% du déclin des précipitations

     26/03/2009 11:02 (Par Sandra BESSON)

    Le réchauffement climatique responsable à 37% du déclin des précipitations
    D’après une nouvelle étude cherchant à déterminer les facteurs responsables de la diminution des précipitations dans certaines régions du globe, le réchauffement climatique serait responsable à 37% de ce phénomène.

    Le réchauffement climatique est responsable à 37% de la chute importante des précipitations dans le monde qui est elle-même à l'origine d'une sécheresse de plus de dix ans en Australie, et d'une période sèche importante aux Etats-Unis, d’après ce que des scientifiques ont déclaré mercredi.

     

    Peter Baines de l’Université de Melbourne en Australia a analysé les précipitations mondiales, les données concernant la température à la surface de la mer, ainsi qu’une reconstruction de la façon dont l’atmosphère s’est comporté au cours des cinquante dernières années, pour connaître l’évolution des précipitations.

     



     

    Il a ainsi découvert une tendance sous jacente à la diminution des précipitations depuis une quinzaine d’années, le réchauffement climatique étant responsable à 37% de cette diminution.

     

    La circulation thermohaline Atlantique est responsable à 27% de la diminution des précipitations, les modèles de circulation Pacifique sont responsables à 30%.

     

    « Cette part de responsabilité va probablement augmenter si le réchauffement climatique continue » a déclaré Peter Baines depuis la ville de Perth en Australie, où il présentait ses découvertes lors d’une conférence majeure sur le changement climatique.

     

    L’analyse de Peter Baines met en avant quatre régions pour lesquelles les précipitations diminuent considérablement. Les régions affectées sont les Etats-Unis continentales, le sud-est de l’Australie, une grande partie de l’Afrique équatoriale et l’Altiplano dans la Cordillère des Andes en Amérique du sud.

     

    Cependant, son étude a également révélé deux régions tropicales dans lesquelles les températures sont en augmentation : le nord-ouest de l’Australie et le Bassin Amazonien.

     

    « Cela fait partie d’un modèle mondial dans lequel les précipitations sont généralement en augmentation dans les tropiques équatoriaux et en diminution dans les régions subtropicales et de moyennes latitudes » a indiqué Peter Baines.

     

    « Cela ressemble un peu au schéma que la modélisation informatique prévoit pour le réchauffement climatique mais ce schéma provient des observations des précipitations au cours des trente dernières années » a ajouté Peter Baines.

     

    L’évolution des précipitations est accompagnée d’une évolution des températures à la surface de la mer au niveau mondial, et Peter Baines a indiqué qu’il avait utilisé des données remontant jusqu’aux années 1910 pour suivre cette dernière évolution.

     

    Les températures à la surface de la mer sont en augmentation à cause du réchauffement de l’atmosphère, lui-même lié au changement climatique.

     

    « Si vous prenez les données concernant les températures à la surface de la mer et que vous les analysez sur une longue période de temps, vous pouvez associer leur évolution à une grande diversité d’éléments, parmi lesquels le réchauffement climatique » a-t-il déclaré.

     

    Peter Baines a également étudié l’influence des précipitations sur les principaux modèles de circulation des océans qui ont un impact majeur sur le climat mondial, telle que la circulation thermohaline qui permet à l’Europe du nord de bénéficier de températures relativement chaudes.

     

    Deux modèles de circulation Pacifique, dont le Pacific Decadal Oscillation, ont également été étudiés par Peter Baines, qui cherchait à connaître leur influence sur les précipitations.

     

    La clé d’analyse réside cependant dans la détermination de l’influence du phénomène El Nino qui provoque la sécheresse en Asie du sud est et en Australie, ainsi que des inondations au Chili et au Pérou.

     

    Peter Baines, qui travaille également pour le département des sciences de la terre à l’Université de Bristol en Angleterre, a déclaré que la circulation thermohaline dans l’Atlantique était responsable à 27% de la diminution des précipitations, tandis que les modèles de circulation Pacifique étaient responsables à 30%.

    Réchauffement climatique sur la Bretagne

     

        Marcher, boire, manger, lire, boire, parler, rêver peut-être… Rien d’un programme, tout d’un art de vivre. Celui de Jacques-Pierre Amette tel qu’il se reflète dans son Journal météorologique (152 pages, 16 euros, éditions des Equateurs). Il y tient la chronique d’une saison chez les Bretons, même s’ils n’apparaissent qu’en ombres portées, des marins le plus souvent. Car l’eau, les feuilles, les arbres, les vapeurs, la terre, les mouettes, le varech, le sable, les cailloux sont les véritables personnages, les héros même, de ce doux inventaire des choses de la vie telles que les a ressenties ce normand absolu en séjournant en juin et juillet dans une maison louée sur une presqu’île face à Kerroc’h et Ploubazlanec.

       Une fine coulée de prose poétique, si française dans sa manière. Le genre relève de la littérature géographique, le grand art de la description étant aussi climatique chez Amette qu’ilétait géologique chez Gracq. C’est un de ces livres qui donnent une âme à la pluie, une courbe à l’estuaire, un certain air au vent, sa secrète inclinaison à un champ en pente douce, son ruissellement à un filet d’eau, une flaque de lumière inouïe à la baie. Il faut toute la délicatesse de l’auteur pour saisir et transmettre la frontière invisible qui sépare les bruits anonymes du soir des murmures fugitifs de la nuit.

        Ces notes à leur date, toutes de fluidité impressionniste à la Monet, auraient pu s’intituler Théorie du nuage si ne c’était déjà pris. Avec des je-ne-sais-quoi et des presque rien sur la beauté des éléments rendus à leur nudité, Amette nous livre un peu de son ars poetica entre carafe Ricard et verres en Pyrex et c’est irrésistible. On s’y croit, on y est, à leurs côtés, entre lui et son ami de passage L’Ecrivain, rolinissime chasseur de chasseur de lion, aussi prompts à la dégustation de chablis qu’à la disputatio bien tempérée, l’un prêt à tout sacrifier pour Chateaubriand, l’autre tout aussi prêt à donner sa vie pour la plus grande gloire de Stendhal. Sans oublier Ariane, la compagne de bonne compagnie, “la forme nacrée et pleine d’une femme dans sa maturité épanouie”. Ou un collectionneur de clous ramassés sur la plage. Impossible de ne pas voir passer, sur la lande ou dans les ruelles assoupies, les fantômes de Xavier Grall et de Georges Perros ; on est chez eux, dans leur univers plus encore que dans leur pays ; ce qui n’empêche pas le narrateur de se lover de jour dans le calme de lettres de Pline et de fuir de nuit en s’enveloppant dans la chaleur du théâtre de Tchékhov.

        Il n’en faut pas davantage pour accentuer le réchauffement climatique, même là-bas. Mais il faut au moins la promesse d’une révélation, et l’appel de la madeleine, pour aller voir dehors, sur le port, là où les marins jettent des entrailles de poissons aux mouettes :” Ce vert obscur, lascif, qui flotte, épais, vitreux au milieu de la baie, me fait toujours penser à mes onze-douze ans, le sel qui pique, les jambes maigres qui avancent dans l’eau froide, ma soeur qui a les lèvres bleues tremblantes. Le sel de l’enfance, les groseilles, l’âpreté, le jugement incisif sur les adultes, sauvagerie perdue.” A ce niveau d’écriture onirique, le lecteur se trouve embarqué comme dans un rêve éveillé qui l’autorise à poursuivre les yeux grand fermés. Il est rare qu’une lecture soit aussi apaisante. Tout y paraît si ouaté alors que le paysage est de cristal. A l’heure où tout se dissout en un réel flottant, pourquoi refuserait-on l’invitation à marcher, boire, manger, lire, boire, parler, rêver peut-être…

    26 mars 2009 Publié

    March 02

    L’Arctique et l’Antarctique de plus en plus affectés par le réchauffement climatique

     
    26/02/2009 11:39 (Par Sandra BESSON)

    L’Arctique et l’Antarctique durement affectés par le réchauffement climatique

    L’Arctique et l’Antarctique durement affectés par le réchauffement climatique

    Le réchauffement climatique semble affecter plus rapidement que prévu les deux régions polaires de la planète à savoir l’Arctique et l’Antarctique, d’après les résultats d’une étude menée par l’Année Polaire Internationale, un groupe d’experts mandatés par les Nations Unies.

    Les régions Arctique et Antarctique se réchauffent plus rapidement que ce que les scientifiques ne pensaient, faisant augmenter le niveau des mers et augmentant la probabilité d’un changement climatique radical, d’après ce que des scientifiques internationaux ont déclaré mercredi.

     

    De nouvelles preuves confirmant la tendance ont été découvertes par une équipe intervenant dans les deux régions polaires au cours des deux dernières années, dans le cadre d’un programme soutenu par les Nations Unies et baptisé Année Polaire Internationale.

     

     

    « Les quantités de neige et la glace déclinent dans les deux régions polaires, affectant les vies humaines ainsi que les plantes et animaux locaux en Arctique, de même que la circulation atmosphérique et le niveau de la mer » d’après un résumé du rapport rédigé par les chercheurs.

     

    Les gouvernements doivent continuer à financer les recherches réalisées au Pôle Nord et au Pôle Sud afin de surveiller l’évolution du réchauffement climatique

     

    « Il semble désormais certain que les calottes glaciaires Arctique et Antarctique perdent en masse et font ainsi augmenter le niveau de la mer, et que la vitesse à laquelle la glace disparaît au Groenland s’accélère de plus en plus » indique le résumé du rapport.

     

    « De nouvelles données confirment aussi le fait que le réchauffement de l’Antarctique est beaucoup plus étendu que ce que les scientifiques ne pensaient avant l’Année Polaire Internationale ».

     

    Plus de 63 pays et près de 10 000 scientifiques ont participé à ce programme de 1,5 milliards de dollars qui a commencé en mars 2007 et se termine le mois prochain.

     

    Les experts de l’Année Polaire Internationale ont déclaré lors d’une conférence de presse que la fonte semblait s’accélérer, surtout dans la région de l’Ouest Antarctique qui s’étend de la pointe sud de l’Amérique latine et que l’on pensait stable auparavant.

     

    « On pourrait s’attendre à voir des changements assez radicaux dans la météo au Chili et en Argentine en conséquence » de cette fonte, d’après Ian Allison, co-président du comité du programme.

     

    Une telle tendance pourrait d’ailleurs être ressentie dans la totalité du globe.

     

    David Carlson, directeur du bureau international du programme de l’Année Polaire Internationale, a déclaré que les taux de sel dans la mer autour de l’Antarctique étaient en train d’augmenter, indiquant que la couche sur laquelle repose le continent est en train de fondre.

     

    Mais les experts ont nuancé leurs propos en disant que la vitesse de ces évolutions était difficile à mesurer et que l’effet mondial qu’elles pourraient avoir était impossible à prévoir précisément avec les outils de recherche actuels.

     

    La tendance générale au réchauffement climatique a longtemps été suivie par un autre groupe des Nations Unies, le groupe Intergouvernemental d’Experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat (GIEC). La mission de l’Année Polaire Internationale, qui est lié au GIEC, était de se concentrer sur les évolutions constatées aux deux pôles.

     

    Tout comme le GIEC, les experts de l’Année Polaire Internationale ont déclaré que même une petite augmentation du niveau des mers pouvait menacer de grandes populations dans les villes situées sur les zones côtières de faible altitude dans les pays en développement mais également en Europe et en Amérique du nord.

     

    Le rapport indique que la recherche entreprise par l’Année Polaire Internationale a révélé des piscines à carbone beaucoup plus grandes que prévu dans le pergélisol Arctique, qui pourraient relâcher de grandes quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère si le réchauffement climatique s’accentuait.

     

    Le rapport indique par ailleurs que les gouvernements doivent continuer à financer les recherches réalisées au Pôle Nord et au Pôle Sud afin de surveiller l’évolution du réchauffement climatique.

    Réchauffement climatique. Vérité et mensonges

    Environnement. La thèse iconoclaste du dernier livre de Christian Gerondeau.

    Josée Pochat, le 26-02-2009
    SIPA
    Les sommes astronomiques dépensées pour lutter contre les émissions de CO2 seraient-elles inutiles ? Nous sommes victimes d’une mystification, dit Gerondeau.

    Les glaciers fondent, la Terre se réchauffe, le climat change, la planète court à la catastrophe et il est urgent d’agir en luttant massivement contre les émissions de CO2, responsables du désormais célèbre effet de serre. « Cette catastrophe annoncée est devenue une vérité universelle admise par tous les dirigeants de la planète », s’étonne Christian Gerondeau.

    Pour ce polytechnicien attaché à sa formation d’ingénieur et qui se définit avant tout comme un esprit rationnel, regardant les chiffres avant de se prononcer, ces prévisions alarmistes relèvent d’une mystification planétaire, d’une intoxication à l’échelle mondiale. Il démonte dans son dernier livre, CO2, un mythe planétaire, en librairie depuis le 25 février, toutes les affirmations sur les dangers que courrait la planète.

    Premier constat, le gaz carbonique, provenant pour l’essentiel de la combustion du pétrole, du gaz naturel et du charbon, représente la grande majorité des gaz à effet de serre d’origine humaine. Sa masse dans l’atmosphère atteignait 2 000 milliards de tonnes il y a deux siècles, quantité stable durant des millénaires. Depuis que les hommes exploitent les énergies fossiles, les émissions de gaz carbonique, qui ne cessent de croître, jusqu’à atteindre 30 milliards de tonnes par an. La durée de vie du gaz carbonique dans l’atmosphère étant d’environ deux siècles, son stock autour de la planète atteint aujour­d’hui 2 800 milliards de tonnes.


    Les réserves de pétrole de gaz naturel et de charbon présentes dans le  sol représentent une centaine d’années de production au rythme actuel et leur utilisation engendrera le rejet de 4 000 milliards de tonnes de gaz car­bonique, auxquels il faut ajouter 500 milliards de tonnes d’origine non énergétique, provenant entre autres de la déforestation et des activités d’élevage. La moitié des gaz rejetés étant absorbés par la nature et notamment par les océans, le stock de gaz carbonique présent dans l’atmo­sphère devrait atteindre 5 000 milliards de tonnes à la fin du XXIe siècle.

    « Peut-on raisonnablement imaginer enrayer ce phénomène ? s’interroge Christian Gerondeau. Non », répond-il très nettement. Ces énergies jouent un rôle tellement fondamental pour l’économie du monde qu’il n’est pas possible de s’en passer. « Lorsque l’on sait que la population du tiers-monde va encore s’accroître, que la majorité de l’humanité se débat aujourd’hui dans la pauvreté sinon la misère, et que plus d’un milliard et demi d’habitants n’ont tout simplement pas accès à l’électri­cité, il faut être inconscient pour de­mander aux pays émergents de ré­duire encore leurs émissions, c’est-à-dire en fait leur consommation d’énergie, avec ce que cela supposerait comme conséquences dramatiques pour leurs habitants, écrit Gerondeau. C’est évidemment le con­traire qui va se passer ».

    Le développement économique de la Chine repose sur la construction effrénée de centrales électriques fonctionnant au charbon (une par semaine) et la création d’un réseau autoroutier qui surpassera d’ici peu celui des États-Unis (50 000 kilomètres en vingt ans, 5 000 nouveaux kilomètres chaque année). Les Indiens suivent la même voie. Les efforts des pays industrialisés pour réduire leurs émissions de CO2 ne servent à rien, avance l’auteur : « le pétrole, le gaz naturel ou le charbon que ne consommeront pas les pays développés le seront par le reste du monde. Pour l’Inde, la Chine et le tiers-monde en général, il ne s’agit pas d’une question de mode de vie mais de vie ou de mort de leurs habitants ». Au début de l’année, la Chine a indiqué avoir décidé d’augmenter sa production de charbon de 30 % d’ici à 2015 pour faire face à ses besoins. Ce qui représentera le rejet de 1,6 mil­liard de tonnes de CO2 chaque année, soit près de deux fois plus que l’ensemble des réductions d’émission que l’Europe s’est fixé comme objectif pour 2020 !

    Conclusion sans concession de Gerondeau : toutes les mesures prises pour lutter contre l’effet de serre (pêle-mêle l’isolation des logements, la taxation des carburants, les éoliennes, les panneaux solaires, les mesures du Grenelle de l’environnement, le protocole de Kyoto, les taxes carbone, les ampoules basse consommation) ne servent à rien !

    La situation est-elle pour autant désespérée ? Pas du tout, à en croire l’auteur, pour qui le réchauffement de la planète qui résulterait des rejets de CO2 relève encore de la mystification. Les prévisions « apocalyptiques » de l’évolution du climat ne nous donnent que deux informations : le niveau de la mer devrait s’élever d’une trentaine de centimètres pendant le siècle à venir alors que les températures augmenteraient de 2 à 3 °C. « On nous prédit que des pays seront rayés de la carte, que des centaines de millions de “réfugiés climatiques” gagneront les pays développés, que nous subirons famines, sécheresses, inondations, cyclones, chutes de récoltes, vagues de chaleur… De qui se moque-t-on ? », demande Gerondeau.

    Selon le CNRS, une élévation d’un mètre du niveau de la mer fait reculer le rivage de 100 mètres. Pour 30 centimètres, le recul serait de 30 mètres… en un siècle ! Qui peut croire que la hausse éventuelle du niveau de la mer de 3 centimètres par décennie puisse entraîner les ca­tas­trophes décrites ? « Nous sommes face à une mani­pulation planétaire de l’opinion », dénonce Gerondeau.

    Surtout, l’auteur avance les travaux de scientifiques réfutant les thèses officielles sur le réchauffement, qui estiment que « c’est la nature et non l’activité humaine qui détermine le climat ». De nom­breux indicateurs nous montrent que la période aux alentours de l’an mil était beaucoup plus chaude que l’époque actuelle, ce qui explique que les Vikings aient cultivé des céréales et élevé du bétail au Groenland. Pour ces scientifiques, ce seraient les variations de l’activité solaire, bien plus que celles des gaz à effet de serre, qui seraient responsables des changements climatiques. D’ailleurs, la courbe d’évolution de la température moyenne du globe depuis cent cinquante ans ne suit pas celle de la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère. Les variations de température sont chaotiques. Des périodes de stabilisation, de baisse et de hausse se succèdent. Entre 1945 et 1978 par exemple, la température terrestre baisse légèrement, sans que l’on puisse l’expliquer. Depuis 2000 au con­traire, elle est parfaitement stable, alors que les tonnes de gaz carbonique supplémentaires qui s’accumulent dans l’atmosphère devraient, à en croire les experts, provoquer mécaniquement une élévation des températures. De surcroît, insiste Gerondeau, les variations sont très faibles : moins d’un degré en un siècle et demi, c’est-à-dire bien moins qu’à d’autres époques.

    Des milliards d’euros pourraient être épargnés

    Il n’y a donc pas de lien visible entre le gaz carbonique présent dans l’atmosphère et les fluctuations de température du globe. « Il y a douze mille ans, la Manche n’existait pas, rappelle Gerondeau. La Grande-Bretagne et la France étaient réunies par un isthme. […] Quel incroyable bouleversement, auquel l’homme était évidemment étranger, dût-il se produire il y a douze mille ans pour que la glace qui recouvrait alors la moitié nord de l’Europe et de l’Amérique fonde, et que le niveau des mers s’élève de cent mètres en quelques siècles ? Notre réchauffement est à côté une aimable plaisanterie. Au plus fort du dernier âge polaire, la calotte gla­ciaire ne recouvrait-elle pas 28 millions de kilomètres carrés, soit quatorze fois la superficie du Groenland actuel ? »

    « Quand les États auront compris qu’il est vain de chercher à réduire leurs émissions de gaz carbonique pour “sauver la planète”, ils pourront réaliser des économies considérables », conclut l’auteur. Ce sera la fin des subventions, détaxes, réductions d’impôts, dotations aux entreprises publiques et projets de toute nature qui sont aujourd’hui justifiés par la lutte contre les émissions de CO2. En France, c’est par milliards que les euros pourraient être épargnés. Ce qui est loin d’être négligeable en temps de crise. Gerondeau en est persuadé : avec le recul, la psychose qui prévaut en ce début de XXIe siècle autour du changement climatique – ce qu’il con­sidère comme un des plus grands my­thes planétaires – apparaîtra comme l’une des plus difficiles à comprendre de l’histoire de l’humanité.

    CO2, un mythe planétaire, de Christian Gerondeau, Éditions du Toucan, 270 pages, 17,90 euros.
    March 01

    Réchauffement climatique : les conséquences seraient très sous-estimées

    Par Jean Etienne, Futura-Sciences      

    Plusieurs conséquences du réchauffement climatique en cours s’avèrent bien plus critiques que ce qui avait été prévu à l’origine, amenant les scientifiques à revoir l’évaluation des risques.

    « Aujourd’hui, nous devons admettre que les risques d’impacts négatifs liés au changement climatique sont plus élevés que ce qui avait été estimé il y a quelques années », affirme Hans-Martin Füssel, du Potsdam Institute of Climate Impact Research (PIK). Il est l'un des auteurs d'une publication (dans les Pnas) qui effectue une nouvelle analyse des données du Giec (Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat). Un résumé est disponible dans un communiqué de l'université de Postdam.

    Selon lui et les autres co-auteurs de cette publication, les risques s’accroîtraient de façon très significative, y compris au départ de petites augmentations de température des moyennes terrestres au-dessus du niveau de 1990. Cette hypothèse se base, entre autres, sur la constatation que de nombreux écosystèmes comme les récifs coralliens ou les glaciers se sont avérés beaucoup plus sensibles au réchauffement et à l’augmentation de la concentration de CO2 que ce qui avait été anticipé par le troisième rapport du GIEC en 2001.

    La nouvelle estimation est basée sur une observation des impacts du réchauffement et une « meilleure compréhension » du système climatique. En outre, les régions, les secteurs et les populations affectées par ces changements ont été recensés avec plus de précision.

    En conclusion, il est de plus en plus évident que même les plus légères augmentations de la température moyenne au-dessus des valeurs de 1990 peuvent dérégler le système climatique dans son ensemble avec le risque d’incidences très importantes s’étalant sur plusieurs siècles, comme la fonte accélérée des glaces du Groenland avec de multiples conséquences irréversibles sur l’environnement (réchauffement en cascade par réduction de l’effet d’albédo, injection d’eau douce dans la mer entraînant la suppression, voire l’inversion de courants marins, hausse du niveau océanique, etc.).


    Photos du glacier Blomstrand (Spitzberg) en 1918 et de nos jours. Crédit Greenpeace

    Du travail pour la prochaine réunion de Copenhague

    La recrudescence des ouragans, des incendies, les vagues successives de sécheresses et les canicules en nette augmentation depuis le début de la décennie entraînent déjà des dégâts et des pertes humaines bien plus importantes qu’au cours de périodes identiques lors du dernier siècle. « Si le risque est plus important, la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre est aussi plus grande, tout comme le besoin d'aider les régions les plus vulnérables dans le monde à faire face aux conséquences du changement climatique. Une telle approche est aussi une question de justice puisque nombre de pays émettant le moins de gaz à effet de serre sont aussi les plus faibles et les plus affectés », commente Hans-Martin Füssel.

    Selon le rapport, il y a nécessité absolue de limiter le réchauffement climatique à deux degrés par rapport aux moyennes de 1990 sous peine de modifications climatiques graves et irréversibles. Stephen Schneider, climatologue à l'université de Stanford en Californie, co-auteur à la fois des rapports de 2001 et 2009, affirme qu’il serait dramatique que la conférence sur le changement climatique organisée par les Nations-Unies à Copenhague à la fin de cette année ne tienne pas compte de ces nouveaux paramètres.

    Il y a seulement une semaine, Christopher Field, directeur du Department of Global Ecology de la Carnegie Institution de Washington, avait déclaré lors de la réunion annuelle de l'Association américaine pour le progrès de la science que l’augmentation des rejets de CO2 dans l’atmosphère était passée de 0,9 % par an dans les années 90 à 3,5 % par an depuis l’an 2000.

    L’étude actuelle avait été précédée de deux autres, soulignant déjà la sous-estimation du risque climatique.

    Fin janvier 2009, une étude de Susan Solomon, de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), concluait que l’augmentation de la température de surface des océans, des précipitations et du niveau océanique ont déjà introduit des changements irréversibles qui ne pourront s’atténuer que mille ans après l’arrêt complet des émissions de CO2.

    Le 14 février dernier, un rapport de la Carnegie Institution rédigé par Chris Field avertissait que l’accumulation beaucoup plus rapide que prévu des gaz à effet de serre dans l’atmosphère augmente le risque d’un changement climatique irréversible d’ici la fin du siècle.

    Enfin, l'étude pour l'Année polaire internationale (API), menée sur le terrain en 2007 et 2008 par des milliers de scientifiques, et qui vient de se clôturer, a révélé que le réchauffement en Antarctique est « beaucoup plus étendu que prévu », tandis que les glaces arctiques se réduisent et que la fonte du dôme de glace du Groënland s'accélère.

    Réchauffement climatique : déjà trop tard ?


    Les climatologues sont très inquiets... et nous devrions l’être aussi! Un compte rendu fidèle des dernières avancées de la recherche sur le réchauffement climatique, publiées dans les très sérieuses revues scientifiques Nature et Science.

     

    figure_1

    Figure 1
    Source: Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), 2001

    Le 7 juin 2005, les Académies des sciences des pays du G8, de Chine, d’Inde et du Brésil ont solennellement publié une déclaration commune[1] sur le réchauffement climatique dans laquelle elles nous préviennent qu’un important réchauffement climatique de la planète est en cours et qu’il est provoqué par les activités humaines. Dans cette déclaration, les Académies des sciences affirment que ce réchauffement constitue une grave menace pour l’humanité et pressent les gouvernements de prendre d’urgence des mesures d’envergure pour réduire de manière substantielle les émissions de gaz à effet de serre.

    Pourquoi onze Académies des sciences ont-elles publié une telle déclaration commune?

    La réponse, hélas, est à la fois simple et grave: les avertissements répétés de la communauté scientifique sur l’extrême gravité du réchauffement climatique ne sont jusqu’à présent parvenus jusqu’à l’opinion publique que sous une forme atténuée et déformée par les médias et les lobbies pétroliers. Or la menace se précise et le temps presse...

    Certes, tout le monde a entendu parler du réchauffement climatique. Même Hollywood s’en est emparé, le transformant malencontreusement au passage en refroidissement climatique. Mais ce qu’il est important de savoir, c’est que les climatologues sont furieux de la manière dont les médias ont couvert le sujet depuis une quinzaine d’années[2]. Et ils ont de bonnes raisons de l’être. En effet, plusieurs études scientifiques[3] ont démontré que depuis 1988, la presse, notamment américaine, a systématiquement biaisé la couverture médiatique en faveur de détracteurs du réchauffement climatique en leur accordant une couverture disproportionnée, créant ainsi une grande confusion dans l’opinion publique. La même constatation s’applique aux médias de l’audio-visuel. À la source de cette désinformation maintenant bien documentée[4], on trouve de puissants lobbies pétroliers, menés par le groupe ExxonMobil (propriétaire des marques Esso et Mobil), qui ont mis en oeuvre des moyens financiers considérables pour désinformer les médias sur le réchauffement climatique et pour s’opposer au Protocole de Kyoto. Leur technique: mettre constamment à disposition des journalistes les 2% de climatologues subventionnés par ExxonMobil qui doutent de l’origine anthropique du réchauffement climatique. Leur objectif: obtenir une couverture médiatique grand public supérieure à celle des 98% de climatologues sérieux et indépendants. Cet objectif a malheureusement été atteint, donnant ainsi l’impression au public que les scientifiques étaient divisés sur la réalité du réchauffement climatique, alors que ce n’était pas du tout le cas!

    Cette désinformation réussie a ainsi produit un décalage saisissant entre, d’un côté, la communauté scientifique qui s’alarme de plus en plus des conséquences du réchauffement climatique et surtout du risque d’emballement irréversible du climat et, de l’autre côté, une opinion publique qui doute encore de la réalité du phénomène et ignore presque tout de ses conséquences.

    L’année 2005, heureusement, pourrait enfin avoir marqué le début d’une prise de conscience de l’opinion publique, notamment aux États-Unis. Les ouragans à répétition et la terrible catastrophe de La Nouvelle-Orléans y sont sans doute pour quelque chose. Les médias commencent enfin à prendre le réchauffement climatique plus au sérieux, mais semblent toujours aussi incapables de rendre compte du phénomène dans sa globalité et surtout de prendre la mesure de ses conséquences proprement cataclysmiques à long terme.

    Et pourtant, le réchauffement climatique et ses conséquences peuvent être expliqués clairement.

    L’ÉTAT DES CONNAISSANCES SCIENTIFIQUES

    Depuis le début de l’ère industrielle, en brûlant des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel) l’humanité a relâché d’énormes quantités de CO2 (dioxyde de carbone) dans l’atmosphère, faisant passer sa concentration de 250 ppm à 379 ppm (ppm signifie parties par million, autrement dit 10.000 ppm = 1%), soit une augmentation de 50 % (cf. figure 1) et une concentration jamais atteinte depuis au moins 420 000 ans, probablement même depuis la fin du Paléocène, il y a 55 millions d’années[5]. Or ce gaz est l’un des principaux contributeurs de l’effet de serre qui réchauffe notre planète. Jusqu’à présent, l’élévation de température a été minime, de l’ordre de 0,8 °C, parce que les océans ont absorbé la moitié du CO2 émis et parce que leur inertie thermique a freiné le réchauffement.

    Les choses, hélas, sont en train de changer. Le CO2 relâché dans l’atmosphère en grande quantité au XXe siècle y demeurera environ 100 ans, durant lesquels il réchauffera continûment la planète. Il est établi que cette accumulation de CO2 provoquera une élévation de température au cours des prochaines décennies, et ceci même si par enchantement nous arrêtions instantanément de brûler des énergies fossiles[6]. Le réchauffement climatique est donc malheureusement devenu inévitable. Mais ce qui déterminera notre destin (et notre survie), c’est son ampleur et sa rapidité, lesquelles dépendront essentiellement de notre aptitude (ou inaptitude) à réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle planétaire dans les deux ou trois décennies à venir (période pendant laquelle la consommation mondiale d’énergie devrait croître de 60%!).

     

    figure_2

     

    Figure 2
    Source: Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), 2001

    Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’instance scientifique de référence sur le changement climatique regroupant plusieurs centaines d’experts scientifiques de plus de 100 pays, publie tous les cinq à six ans un rapport complet faisant la synthèse des connaissances scientifiques sur l’évolution du climat. Le dernier rapport a été publié en 2001. Le prochain est prévu pour 2007. Le rapport de 2001 prédisait une augmentation de la température moyenne à la surface de la Terre comprise entre 1,4 °C et 5,8 °C au cours du XXIe siècle (cf. figure 2), le bas de la fourchette correspondant à des scénarios (trop?) optimistes selon lesquels des mesures de grande envergure seraient prises à l’échelle mondiale dans les prochaines années. Les prévisions du GIEC s’arrêtent en 2100, mais le réchauffement se poursuivra bien au-delà.

    Une augmentation de température de quelques degrés peut sembler inoffensive, mais elle correspondrait en réalité à un changement climatique majeur. N’oublions pas qu’il y a 21 000 ans, alors que les deux tiers de l’Europe et de l’Amérique du Nord étaient recouverts de glaciers de deux à trois kilomètres d’épaisseur et que le niveau des mers était 120 mètres plus bas que de nos jours, la température moyenne de l’air à la surface de la Terre n’était inférieure que de 5 °C à celle d’aujourd’hui. Une augmentation de la température moyenne de 5 °C au cours du XXIe siècle - c’est-à-dire celle prédite par les experts du climat - conduirait à un changement climatique de la même ampleur que celui de la dernière période glaciaire à aujourd’hui... un saut climatique suffisant pour rendre la majeure partie de la Terre inhabitable!

    Le tableau peint par le rapport de 2001 était déjà alarmant. Depuis, la science du climat, dotée de moyens techniques et financiers exceptionnels, a continué de progresser. Et, il faut bien le dire, les résultats récents sont très inquiétants car ils sous-entendent que l’ampleur et la rapidité du réchauffement climatique, ainsi que le risque d’emballement irréversible du climat, auraient été sous-estimés[7]. Les scientifiques sont en effet convaincus qu’il existe des seuils, appelés points de basculement (tipping points en anglais), au-delà desquels le climat bascule de manière irréversible et rapide vers un nouvel état très différent du précédent. À la lumière des derniers résultats scientifiques les experts du climat redoutent que certains de ces points de basculement ne viennent d’être franchis ou ne le soient bientôt. Les principaux domaines d’inquiétude sont les suivants:

    1 - Récemment, les scientifiques ont découvert qu’un phénomène appelé global dimming en anglais - une diminution importante de l’ensoleillement due à l’interaction de suies d’origine industrielle avec les nuages - tendant à refroidir la Terre avait été largement sous-estimé. De 1960 à 1990, ce phénomène refroidissant a probablement masqué la moitié du réchauffement dû aux gaz à effet de serre, conduisant les scientifiques à sérieusement sous-estimer l’ampleur du réchauffement climatique. Ce phénomène refroidissant tend à diminuer depuis 1990 parce que l’industrie utilise des technologies moins polluantes et parce que les suies ont une durée de vie dans l’atmosphère bien inférieure à celle des gaz à effet de serre. Compte tenu de ce phénomène de global dimming, les prédictions de réchauffement climatique du GIEC de 2001 devront être revues à la hausse. Selon certaines simulations informatiques, la température à la surface de la Terre pourrait augmenter non pas de 5,8°C mais de 10°C au cours du XXIe siècle[8, de quoi rendre la quasi-totalité de la Terre inhabitable.

    2 - Tous les modèles climatiques informatiques prédisent que le réchauffement climatique touchera plus fortement les régions polaires. Dans ces régions, l’élévation de la température sera environ le double de l’augmentation moyenne à la surface de la planète[6,9,10. Cette évolution est malheureusement confirmée sur le terrain par un récent rapport[11] de la NASA et du National Snow and Ice Data Center (NSIDC) qui révèle que l’étendue de la banquise du pôle Nord n’a jamais été aussi réduite depuis plus d’un siècle. En septembre 2005, la superficie de la banquise arctique était de 25 % inférieure à celle qu’elle avait en moyenne dans les années 1980. L’étendue de la fonte de la banquise est telle qu’un point de non-retour a probablement été atteint[12]. En effet, les eaux sombres non recouvertes de glace de l’Océan Arctique absorbent bien davantage la lumière solaire que la très réfléchissante banquise. Ainsi, plus la banquise se réduit, plus l’Océan Arctique se réchauffe rapidement, accélérant ainsi la fonte du reste de la banquise, et ainsi de suite... Ce cercle vicieux, en langage scientifique une rétroaction positive, pourrait conduire à une disparition totale de la banquise en été vers 2070, ce qui ne s’est plus produit depuis plus d’un million d’années!

    3 - L’océan Arctique n’est pas la seule région froide qui inquiète les experts du climat. Des résultats scientifiques récents[13,14] confirment que les régions continentales proches de l’océan Arctique se réchauffent également à un rythme accéléré. Ici aussi des rétroactions positives sont à l’oeuvre. Le réchauffement réduit l’étendue de la couverture neigeuse, la remplaçant par une couverture végétale qui absorbe davantage l’énergie solaire, amplifiant ainsi le réchauffement local[14]. Le réchauffement continental arctique à un autre effet pervers: en faisant fondre le permafrost (le sol gelé en profondeur sur des centaines de mètres) il libère d’énormes quantités de méthane - un gaz à effet de serre 21 fois plus puissant que le CO2 - qui y étaient piégées depuis des milliers d’années. Des chercheurs ont ainsi récemment constaté qu’une superficie d’un million de kilomètres carrés - soit la superficie de la France et de l’Allemagne - de permafrost en Sibérie occidentale a commencé à fondre pour la première fois depuis sa formation il y a 11 000 ans à la fin de la dernière période glaciaire[13].

    4 - Les calottes polaires du Groenland et de la partie Ouest de l’Antarctique sont également gravement menacées. Les climatologues nous alertent depuis longtemps que la calotte de glace recouvrant tout le Groenland est particulièrement vulnérable[10,15,16]. Mais ils ont été très surpris et alarmés durant l’été 2004 quand ils ont constaté que les bords de cette calotte fondaient dix fois plus vite que prévu[17]. Or la fonte des glaces situées sur la terre ferme, à la différence de celles qui flottent sur l’océan, a pour effet de faire monter le niveau des mers. La fonte de toute la calotte groenlandaise entraînerait une élévation du niveau des mers de 7 mètres, suffisante par exemple pour rendre inhabitables toutes les villes côtières de la planète, dont Londres, Venise, Calcutta, New York et Tokyo pour n’en citer que quelques-unes. La fonte de l’intégralité de la calotte glaciaire groenlandaise prendra vraisemblablement plusieurs siècles, mais toutes les simulations informatiques s’accordent à prédire que le processus de fonte, une fois engagé, ne pourra plus être arrêté et qu’il continuera inéluctablement jusqu’à la disparition quasi-totale de la calotte groenlandaise. Le réchauffement de l’Océan Arctique voisin devrait aussi contribuer à accélérer ce processus de fonte[10]. Quant à la calotte glaciaire antarctique, si elle fondait entièrement, elle entraînerait une élévation du niveau des mers de 60 mètres. Heureusement, la majeure partie de cette calotte se trouve dans des régions où la température reste largement en dessous de 0 °C toute l’année. Dans ces régions une fonte de la calotte glaciaire est improbable au cours du XXIe siècle. Par contre, la calotte glaciaire de la partie Ouest de l’Antarctique inquiète les scientifiques: au cours des 10 à 15 dernières années, elle s’est déplacée vers la mer à un rythme accéléré qui semble être dû au réchauffement climatique. La fonte de la partie Ouest de la calotte glaciaire antarctique élèverait le niveau des mers d’environ 5 mètres supplémentaires[18].

    5 - Un autre grave point d’inquiétude concerne la forêt amazonienne. Plusieurs résultats scientifiques[15,19,20] récents amènent à penser que le réchauffement climatique devrait s’accompagner d’une réduction suffisamment importante des précipitations sur le bassin amazonien pour provoquer une multiplication des feux de forêt et la transformation progressive de la forêt amazonienne en savane ou en semi-désert à l’horizon 2050. Si ce scénario devait devenir réalité, une énorme quantité de carbone - l’équivalent de tout le CO2 émis par l’humanité au cours du XXe siècle - actuellement piégée sous forme de bois serait libérée dans l’atmosphère sous forme de CO2. Ce relâchement massif accélèrerait tragiquement le réchauffement climatique.

    6 - Les experts du climat redoutent également, en raison de l’élévation globale de la température, que les puits de carbone naturels que sont les océans et la végétation ne deviennent moins efficaces, voire à terme qu’ils s’inversent et se transforment en sources de carbone[15,21]. Contrairement à une croyance populaire tenace, dans un monde plus chaud, la végétation absorbera moins de CO2 que dans notre monde d’aujourd’hui[22]. Certains scientifiques, à la lumière des augmentations anormalement élevées et inexpliquées du taux de CO2 dans l’atmosphère en 2002 et 2003, se demandent même si un tel phénomène n’aurait pas déjà commencé[23].

    7 - Et comme si tout cela ne suffisait pas, il existe une menace encore plus grave pour le climat de la planète. Elle se trouve au fond des océans où des quantités colossales de méthane - estimées à 10 000 milliards de tonnes de carbone, soit l’équivalent de plus du double des réserves mondiales de charbon, pétrole et gaz naturel - sont stockées sous forme d’hydrates de méthane. Le méthane est un gaz qui provoque un effet de serre 21 fois supérieur à celui du CO2. Ces hydrates de méthane, qui ont l’aspect de la neige, ne restent stables que sous de fortes pressions et à basses températures. Une élévation de la température des couches profondes des océans de plusieurs degrés suffirait à les déstabiliser, déclenchant une spirale infernale dans laquelle le méthane libéré renforcerait l’effet de serre, ce qui libèrerait davantage de méthane et ainsi de suite[13,15]. Une telle spirale rendrait la terre quasi inhabitable.
    Improbable, pensez-vous! Pas tant que ça. Les scientifiques savent qu’un tel événement s’est déjà produit au moins à deux reprises, il y a 250 millions et 55 millions d’années, causant respectivement l’extinction de 95 % et 90 % des espèces vivantes. À titre de comparaison, la météorite géante (ou la super-éruption volcanique selon une autre théorie) qui a provoqué la disparition des dinosaures il y a 65 millions d’années a été relativement bénigne puisqu’elle n’a causé l’extinction que de 60 % des espèces.
    Le Professeur Sir David King, premier conseiller scientifique du gouvernement britannique et expert du climat, faisait allusion au réchauffement climatique catastrophique d’il y a 55 millions d’années lorsqu’il déclarait devant la Chambre des Lords, le 1er mars 2004, que «l’Antarctique était le meilleur endroit où vivre à l’époque. Il y faisait relativement chaud par rapport à la Terre d’aujourd’hui, mais le reste du monde était inhabitable » (Original: «the Antarctic was the best place to be at that time.
    That was relatively hot compared to most of the world today, but the rest of the world was uninhabitable»[5]).
    Il a aussi souligné, le 27 avril 2004, que les conditions qui prévalaient alors - un niveau de CO2 de 1000 ppm et la disparition de la glace de la surface de la Terre - pourraient exister à nouveau en 2100[25].
    Vous vous dites peut-être qu’au moins le réchauffement des couches profondes de l’océan devrait prendre très longtemps! Hélas, pas nécessairement. En quelques décennies le réchauffement climatique pourrait changer la circulation océanique, réchauffer certaines couches profondes de l’océan et déstabiliser des hydrates de méthane. L’un des courants océaniques les plus vulnérables est le Gulf Stream dans l’Atlantique Nord. Or, justement, des mesures scientifiques récentes (encore à confirmer) montrent que le Gulf Stream pourrait avoir perdu 30% de son intensité au cours des 50 dernières années[26]. Même si ces mesures ne sont pas très fiables car trop limitées en nombre, c’est un bien mauvais signe. D’autant plus que d’autres résultats récents révèlent que le dernier dégazage massif d’hydrates de méthane il y a 55 millions d’années (voir ci-dessus) a été déclenché par un inversion soudaine et complète de la circulation océanique, elle-même causée par un réchauffement climatique par gaz à effet de serre d’origine volcanique[27]. Malheureusement pour nous, la quantité de gaz à effet de serre d’origine humaine émise depuis deux siècles se rapproche dangereusement de celle qui déclencha ce réchauffement climatique cataclysmique il y a 55 millions d’années[27]. Espérons que les mêmes causes n’auront pas les mêmes effets...

    LA PRISE DE CONSCIENCE DES DIRIGEANTS MONDIAUX

    La plupart des dirigeants mondiaux, alertés par leurs conseillers scientifiques, semblent avoir pris conscience du fait que le réchauffement climatique représente une menace sans précédent pour l’humanité et qu’il y a urgence à agir.

    Il y a, bien sûr, une exception notable: l’administration Bush continue à nier l’origine anthropique du réchauffement climatique, alors même que l’Académie des sciences américaine et tous les comités scientifiques américains et mondiaux les plus réputés affirment unanimement que le doute n’est plus permis[1,2].

    L’Europe et le Japon sont en pointe dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les dirigeants européens ont déjà entrepris des efforts méritoires pour sensibiliser leur opinion publique, sans le soutien de laquelle aucune mesure d’envergure ne sera possible[28]. Car il est clair maintenant qu’il faudra aller bien au-delà des engagements de Kyoto pour ralentir le réchauffement climatique et pour éviter qu’il ne s’emballe[5,19]. Le premier ministre britannique Tony Blair a placé le réchauffement climatique au centre des discussions du G8 en juillet 2005. Pour convaincre ses partenaires il s’est appuyé sur un récent rapport[19] de l’International Climate Change Taskforce composée de scientifiques réputés et de politiciens de premier plan, et fondée à l’initiative de trois prestigieux think tanks américain, britannique et australien. Ce rapport préconise que des mesures d’envergure soient prises pour éviter à tout prix que l’élévation de température depuis l’ère préindustrielle ne dépasse 2°C (soit 1,2°C de plus que les températures actuelles), niveau au-delà duquel les conséquences du réchauffement climatique deviendraient catastrophiques. Afin d’atteindre cet objectif, les pays développés devront réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 60% dans les toutes prochaines décennies et les pays émergents devront aussi réduire leurs émissions dans des proportions moindres mais quand même très ambitieuses[19]. Il est d’ailleurs probable que ces chiffres sous-estiment l’effort nécessaire. D’autres sources considèrent qu’il faudrait réduire les émissions humaines à l’échelle planétaire de 80% d’ici 2030 pour éviter un désastre écologique dû au réchauffement climatique[29]. Le rapport insiste sur l’effort considérable de recherche et de développement devant être engagé dans les domaines de la production d’énergie propre - c’est-à-dire émettant peu ou pas de CO2 - et de la réduction de la consommation énergétique, et exhorte à un doublement des investissements des pays du G8 dans ces domaines d’ici 2010.

    Les dirigeants politiques ne sont pas les seuls à avoir compris l’importance du réchauffement climatique. De plus en plus d’entreprises, d’institutions financières et d’investisseurs sont en train de prendre conscience du fait que le réchauffement climatique et la lutte contre celui-ci vont imposer à nos sociétés de s’adapter rapidement et qu’il convient d’anticiper ces changements[29,30].

    Finalement, ce sont les citoyens qui par manque d’information ont le moins réalisé l’ampleur de la menace que représente le réchauffement climatique. Les efforts systématiques de désinformation du lobby pétrolier, tout particulièrement ceux bien documentés de la société Exxon Mobil, auprès des médias y sont certainement pour beaucoup[3,4]. Pour l’anecdote, selon le magazine The Economist, le PDG d’ExxonMobil qui vient juste de prendre sa retraite, Lee Raymond, affirmait ouvertement, il y a seulement quelques années, que le réchauffement climatique n’était qu’un gigantesque canular (en anglais: «global warming is a giant hoax »)[31]. Ce n’est que tout récemment qu’ExxonMobil a enfin admis la réalité du réchauffement climatique31.

    Or, sans une prise de conscience majeure dans l’opinion publique, rien ne se fera. Car les mesures à prendre pour lutter contre le réchauffement climatique auront bien sûr un coût (même si ne rien faire coûtera à terme infiniment plus cher) et elle réduiront notre qualité de vie. Aucun chef de gouvernement ne prendra de telles mesures sans s’être assuré du soutien d’une partie de l’opinion. Pour le moment, ce thème étant complètement absent de toute élection politique, nous en sommes hélas encore bien loin...

    Toutefois, l’on peut raisonnablement espérer que l’accumulation de preuves scientifiques et la fréquence accrue d’événements météorologiques extrêmes (vagues de chaleur, ouragans, sécheresses) finiront par convaincre l’opinion publique de l’urgence à agir. Espérons seulement qu’alors il ne sera pas trop tard...

    CONCLUSION

    Alors, est-il trop tard pour agir?

    James Lovelock[10], le pionnier de la climatologie moderne et le premier à comprendre dès les années 1970 comment la biosphère (qu’il nomma Gaia) autorégule le climat planétaire, compare le réchauffement climatique actuel à la situation d’une maison en bois dans laquelle on aurait fait un feu pour se réchauffer, sans remarquer que le feu a commencé à se propager au mobilier. Quand cela se produit, il reste très peu de temps pour éteindre l’incendie avant qu’il ne se propage à toute la maison. Le réchauffement climatique, comme un feu, est en train d’accélérer et il ne reste que très peu de temps pour agir. Peut-être est-il déjà trop tard, mais nous ne pouvons en avoir la certitude.

    En tant que citoyen responsable, nous devrions nous demander quel regard les générations futures jetteront sur nous. Si nous n’agissons pas rapidement et de manière décisive pour enrayer le réchauffement climatique, il est certain qu’elles nous maudiront. Les générations précédentes sont tout aussi responsables que nous du réchauffement climatique, mais on ne peut guère le leur reprocher, elles ignoraient l’existence du phénomène. Les prochaines générations auront sûrement la volonté d’agir, mais les scientifiques nous disent qu’alors il sera trop tard. La responsabilité historique qui nous incombe est écrasante. Si nous n’agissons pas, les générations futures diront de nous: «Ils savaient. Et ils n’ont rien fait!

     

    Source http://climat.canalblog.com/ et http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=7304
     

    Le réchauffement climatique aurait débuté il y a des millénaires


    On prend en général la date de la révolution industrielle comme point de départ du réchauffement climatique ; il y a donc deux siècles environ. En réalité, ce serait bien avant que tout a commencé ...


    Certains pensent en effet que lorsque la civilisation humaine est véritablement née, il y a eu un peu partout une consommation effrénée de bois (qui a été brûlé dans le processus) et une déforestation pour permettre la culture (comme le riz). L'effet de « civilisation » sur le réchauffement climatique emporte de plus en plus de suffrages auprès de la communauté scientifique et semble corroboré par les récentes simulations sur ordinateur.

    Si la révolution industrielle a bien entendu joué un effet considérable sur le plan de l'émission des gaz à effet de serre, le plus remarquable est surtout que cela fait très peu longtemps. En comparaison, les petits impacts successifs dus à la naissance de la civilisation ont joué sur d'assez longues périodes de temps qui se sont accumulées.

    Il semble donc qu'il y a de 5 000 à 8 000 ans de cela, les taux de dioxyde de carbone et de méthane dans l'atmosphère ont suivi une croissance régulière, contrairement à ce que l'on a constaté durant les précédentes périodes glaciaires.

    Tout indique en effet que la Terre devrait être plongée actuellement dans une période glaciaire. C'est que la Nature et la température fonctionnent par cycles de nature orbitale. Ce qu'il faut retenir, en clair, c'est que si les humains n'existaient pas, la Terre serait en pleine période glaciaire (à toute chose malheur est bon).

    Toutes les récentes simulations numériques donnent des indices supplémentaires que les premières actions humaines set le démarrage de l'agriculture sont responsables de ce décalage de la période de la nouvelle ère glaciaire que la Terre a connu environ tous les 100 000 ans ces derniers millions d'années (et qui a donc été, un peu trop brutalement sans nul doute, repoussée).

    Sources : Imaginascience, Softpedia
    February 21

    Les gaz à effets de serre s'accumulent plus rapidement que prévu dans l'atmosphère terrestre augmentant le danger d'un changement irréversible du climat d'ici la fin du siècle

    Réchauffement climatique: la situation plus sérieuse que prévu

    Samedi 14 février, 18h10

    Les gaz à effets de serre s'accumulent plus rapidement que prévu dans l'atmosphère terrestre augmentant le danger d'un changement irréversible du climat d'ici la fin du siècle, à moins d'adopter des mesures agressives, a prévenu samedi un des principaux experts sur le sujet. 

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    "Les mesures montrent que les émissions de gaz à effet de serre s'accélèrent plus rapidement que nous pensions", a expliqué Chris Field, de la Carnegie Institution et membre du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat de l'ONU (GIEC).

    "Au cours de la dernière décennie, les pays en développement comme la Chine et l'Inde ont accru leurs capacités de production électrique en brûlant plus de charbon", a-t-il précisé.

    De ce fait "les économies du monde en développement continuent à émettre de plus en plus de carbone (CO2) dans l'atmosphère et nous sommes désormais dans une situation nouvelle quant à l'évolotion du changement climatique", a poursuivi ce climatologue dans une présentation à la conférence annuelle de l'American Association for the Advancement of Science (AAAS) réunie à Chicago (Illinois, nord) depuis jeudi.

    "Ceci aura un impact très probablement bien pire que prédit dans le 4e rapport du GIEC", a-t-il prévenu.

    De nouvelles études révèlent également des effets potentiellement dangereux dans le système climatique qui pourrait convertir des zones d'absortion du CO2 en source de ce puissant gaz à effet de serre, a également relevé Chris Field.

    Il a surtout évoqué la destruction de la forêt tropicale qui retient de vastes quantités de CO2 dans sa végétation et dont la grande humidité permet de bien résister aux incendies.

    Mais le réchauffement du climat et la modification de la distribution des précipitations sur le globe menace d'assécher les forêts tropicales, les exposant à des incendies.

    Les chercheurs estiment que la perte de massifs forestiers notamment à cause des incendies au cours de ce siècle pourrait faire augmenter la concentration en CO2 dans l'atmosphère jusqu'à 100 parts par million (ppm) au-dessus des 386 ppm actuels et ce avec des conséquences dévastatrices potentielles pour le climat terrestre.

    Le GIEC a obtenu le prix Nobel de la Paix en 2007.

    February 09

    Recul des glaciers au Groenland : le réchauffement climatique d'origine humaine disculpé ?


    http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/57599.htm

    En s'appuyant sur des données récoltées par des chercheurs en biologie marine, une étude publiée dans la revue Nature Geoscience par des scientifiques américains, danois, groenlandais et canadiens remet en cause la responsabilité directe du réchauffement climatique sur le recul des principaux glaciers groenlandais.

    Le Jakobshavn est le glacier le plus actif de l'hémisphère nord. Chaque jour, il déverse entre 20 et 30m de glace dans l'océan arctique depuis la côte ouest du Groenland. Mais le Jakobshavn n'a pas toujours été aussi rapide. Sa vitesse d'écoulement a plus que doublé depuis 1997. Dans le même temps, son front, la ligne où le trop plein de glace se détache pour former des icebergs, a commencé à reculer de façon considérable après être resté stable pendant une cinquantaine d'années. La communauté internationale s'est émue de ce recul rapide craignant que les effets du réchauffement climatique ne soient plus précoces et spectaculaires que prévu.

      

    Le recul du Jakobshavn - animation 3D
    Crédits : NASA

    Trop précoces même pour les scientifiques, qui estiment que le réchauffement atmosphérique dans la région du Jakobshavn n'était pas suffisamment marqué pour avoir engendré de tels dégâts. Menée par le professeur David Holland de l'Université de New York, une équipe internationale à laquelle ont participé l'Institut Météorologique Danois (DMI) et l'Institut Groenlandais des Ressources Naturelles (GINR) s'est orientée vers la recherche d'une origine océanologique du phénomène. Ils ont pour ce faire utilisé des mesures de températures de l'océan arctique récoltées par le GINR puis analysées et validées par DMI. Ces mesures avaient à l'origine pour objectif la surveillance des populations de crevettes nordiques.

    L'étude a révélé une élévation significative de la température des fonds marins le long de la barrière de glace groenlandaise au cours de la seconde moitié des années 1990. La température moyenne de la zone étudiée est ainsi passée de 1,7°C en 1995 à 3,3°C en 1998. Plus concluant encore, il apparaît que la baie de Disko, à l'embouchure du fjord dans lequel s'écoule le Jakobshavn, a connu une arrivée massive d'eau chaude en 1997, une date qui correspond exactement au changement de comportement du glacier.

    En affaiblissant la base sous-marine du glacier, la masse d'eau chaude provenant de la mer d'Irminger au Sud-Ouest de l'Islande aurait donc fragilisé la structure et provoqué l'affaissement de la barrière qui maintenait la glace le long du littoral groenlandais. Et le coupable de cette arrivée subite d'eau chaude ne semble pas, du moins directement, être le réchauffement climatique d'origine humaine, mais un phénomène atmosphérique nommé oscillation nord-atlantique (ONA) causé par la circulation stable des courants marins dans cet océan. L'indice ONA correspond à la différence de pression entre l'anticyclone des Açores et les dépressions atmosphériques de la région islandaise et influe fortement sur la météo de nombreuses régions. Lorsqu'il est élevé, l'Europe est ainsi soumise à des vents d'ouest plus violents et connaît des hivers humides et doux.


    Pendant l'hiver 1995-1996, l'indice ONA a connu une courte phase négative après plusieurs années de phase fortement positive. D'après les chercheurs, ceci aurait affaibli le grand vortex de l'Atlantique Nord permettant à des eaux chaudes subpolaires de remonter par les profondeurs jusqu'à la barrière de glace groenlandaise.

    Pour l'équipe de recherche, il ne s'agit en aucun cas de rassurer le public sur la question du réchauffement climatique. L'étude prouve en effet les conséquences dévastatrices que peuvent avoir de légers dérèglements atmosphériques sur la calotte glaciaire. Par ailleurs, si l'ONA semble être principalement dirigée par une variation naturelle de l'activité solaire, sa sensibilité à d'autres facteurs tels que l'activité volcanique, l'effet de serre ou le trou dans la couche d'ozone reste encore mal connue. L'activité humaine n'est donc pas dans cette affaire exempte de suspicions.

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    February 04

    Réchauffement climatique et virus


    Climat On vient de trouver un lien entre une épidémie virale et le réchauffement climatique. Cela concerne une maladie nommée Sorkfeber ou nephropathia epidemica.

    Cette maladie des pays nordiques passe en fait des rongeurs à l'homme et peut, dans certains cas, conduire au décès. On a repris les données depuis 1985 et noté 2200 cas de contamination, dont plus d'un tiers lors des trois dernières années. L'épidémie s'étend maintenant aux pays plus au sud dont l'Allemagne ou la France.

    Cette maladie était presque inconnue avant 1990 et son incidence s'est accrue en Belgique avec des effets cycliques, jusqu'à de véritables proportions épidémiques. Il y a eu récemment un effet combiné d'été et automnes chauds et cela correspond à la croissance de l'épidémie. Cette dernière peut donc être attribuée au réchauffement climatique actuel.

    La nephropathia epidemica est causée par l'infection par un virus qui se transmet par les rongeurs. L'auteur de l'étude pense que le temps chaud a favorisé la population de rongeurs qui a trouvé davantage de nourriture. Les étés chauds ont aussi favorisé les balades dans les forêts où vivent ces rongeurs, justement.

    La maladie cause des fièvres hémorragiques dont les symptômes ressemblent d'abord à ceux de la grippe. Il faut alors des soins intensifs, une ventilation mécanique et une dialyse.

    Sources : Imaginascience, Sciencedaily
    February 03

    Le réchauffement menace la moitié de l'humanité d'une crise alimentaire


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    Article publié le 02/02/2009 à 16:07 par René Tregouët
    Le réchauffement du climat risque de précipiter la moitié de la population mondiale dans une crise alimentaire d’ici la fin de ce siècle, anticipent des scientifiques américains qui préconisent des mesures d’adaptation pour en minimiser la sévérité. Ces projections sont basées sur des observations directes et des données provenant de 23 modèles informatiques sur l’évolution du climat terrestre. Selon ces chercheurs, la probabilité est supérieure à 90 % que d’ici 2100 les températures minimales de la saison des cultures dans les régions tropicales et subtropicales soient plus élevées que tous les maxima enregistrés jusqu’à présent, ce qui réduira considérablement les récoltes affectées par la chaleur.

    "Nous prenons le pire de ce que nous avons vécu historiquement et nous disons qu’à l’avenir ce sera nettement plus grave sans une adaptation", explique Rosamond Naylor, directrice du programme sur la sécurité alimentaire à l’Université Stanford en Californie (ouest), co-auteur de cette étude parue dans la revue Science datée du 9 janvier.

    "Nous devons repenser le système agricole dans son ensemble, pas seulement en recourant à de nouvelles variétés (mieux adaptées à la chaleur et à la sécheresse) mais aussi en reconnaissant qu’une grande partie de la population, surtout dans les pays pauvres, devra sortir de ce secteur d’activité" dont elle dépend aujourd’hui entièrement pour sa survie, ajoute-t-elle.

    "Les conséquences sur la production alimentaire mondiale de la seule hausse des températures seront énormes et cela ne tient même pas compte de la diminution des quantités d’eau qui seront disponibles", relève David Battisti, professeur de science atmosphérique à l’Université de l’Etat de Washington (nord-ouest), le principal auteur de ces travaux. Dans les zones tropicales, les températures plus chaudes devraient réduire le rendement des principales récoltes alimentaires comme le maïs et le riz de 20 à 40 %, selon ces chercheurs. L’humidité moindre des sols devrait entraîner une réduction encore plus grande de ces cultures, soulignent-t-ils.

    Actuellement, la moitié des habitants de la Terre, soit trois milliards, vivent dans les régions tropicales et subtropicales et leur nombre devrait doubler d’ici la fin du siècle. Ces régions vont du sud des Etats-Unis au sud du Brésil et recouvrent une partie de la Chine, de l’Australie, le nord de l’Argentine et de l’Inde ainsi que la totalité du continent africain. Un grand nombre des personnes concernées vivent dans des pays en développement avec moins de deux dollars par jour et dépendent largement de l’agriculture pour leur subsistance, relèvent les chercheurs.La population de cette ceinture équatoriale qui s’étend de 35 degrés de latitude nord à 35 degrés de latitude sud compte parmi la plus pauvre de la planète et s’accroît plus rapidement que partout ailleurs.

    Ce réchauffement climatique accéléré a été confirmé en avril 2008 par James Hansen, le directeur du Goddard Institute for Space Studies (GISS) et son équipe. Ils évaluent le seuil de danger à 350 ppm de CO2 environ. Or ce niveau a été atteint en 1990. Il se situe aujourd’hui à 385 ppm. Et il augmente à raison d’une à deux unités chaque année. Au lieu d’utiliser des modèles théoriques pour estimer la variabilité du climat, lui et son équipe se sont attachés aux preuves fournies par l’histoire de la Terre. Les scientifiques ont étudié des échantillons de carottes prélevées sur le fond de l’océan, ce qui permet de reconstituer les niveaux de C02 sur une échelle de plusieurs millions d’années. Ces relevés montrent que lorsque le monde a commencé à se refroidir au début de la période glaciaire environ 35 millions d’années de cela, la concentration de CO2 dans l’atmosphère était alors d’environ 450 ppm.

    « Si nous conservons ce niveau de 450ppm suffisamment longtemps, il va probablement entraîner la fonte de toute la glace - ce qui déclencherait une montée du niveau de la mer de 75 mètres. À des niveaux aussi élevés que 550ppm, la planète se réchaufferait de 6° Celsius, indiquent leurs travaux. Les estimations précédentes considéraient que le réchauffement induit à ce niveau là ne serait que de 3°C.

    La raison fondamentale pour cette réévaluation a été motivée par ce qu’il appelle « la rétroaction lente » qui est à l’oeuvre dans des mécanismes qui ne deviennent pleinement compris qu’aujourd’hui. Ces mécanismes amplifient la hausse de température provoquée par l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre. Ainsi, la neige et la glace reflètent la lumière du soleil, et en fondant, elles laissent exposé au rayonnement solaire le sol qui lui absorbe plus de chaleur.

    De ce fait, lorsque l’inlandsis recule, l’effet de réchauffement est aggravé. Les technologies d’observation par satellite devenues disponibles au cours des trois dernières années ont montré que les calottes glaciaires fondent beaucoup plus vite que prévu, avec les glaces du Groenland et de l’Antarctique de Ouest qui perdent de leur volume. Les dernières données satellitaires révélées fin 2008 montrent que plus de 2.000 milliards de tonnes de glaces terrestres ont fondu depuis 2003 au Groenland, en Alaska et dans l’Antarctique.

    Contrairement à la fonte de la banquise, celle des glaces terrestres augmente le niveau des océans très légèrement. Dans les années 1990, le Groenland n’avait pas contribué à une hausse de ce niveau. Désormais, l’île arctique l’élève d’un demi-millimètre par an, souligne le glaciologue de la NASA Jay Zwally.Au total, la fonte des glaces au Groenland, en Alaska et dans l’Antarctique a fait monter le niveau de la mer d’environ un demi-centimètre ces cinq dernières années, selon M. Luthcke. Le niveau des océans augmente également sous l’effet de dilatation des eaux provoquée par leur réchauffement.

    Une autre étude menée grâce aux satellites d’observation sur la période 1996 - 2006 montre que la fonte des glaces en Antarctique s’est accrue de près de 75 % en raison l’accélération du mouvement des glaciers vers la mer. M. Hansen déclare qu’il considère maintenant comme « peu plausible » l’avis des nombreux climatologues qui estimaient que le recul des glaciers prendrait des milliers d’années. « Si l’on conserve le même rythme je ne vois pas comment l’Antarctique de l’Ouest pourrait survivre un siècle. Nous sommes devant une élévation du niveau des mers d’au moins deux mètres durant ce siècle. »

    "Il est possible de revenir à un taux de 350 ppm assure M. Hansen. Selon lui, il faut un moratoire sur les centrales à charbon, puis supprimer progressivement tous les usages de la houille d’ici à 2020-2030. Il faut aussi revoir nos pratiques agricoles et forestières de façon à séquestrer du carbone."

    Cet avertissement est confirmé par l’évolution de l’"empreinte écologique" de l’homme en hectares terrestres. Cette empreinte mesure la superficie biologiquement productive nécessaire pour pourvoir aux besoins d’une population humaine de taille donnée". Les derniers calculs montrent que nous avons largement dépassé notre quota - globalement. La Terre ne peut aujourd’hui offrir que 1,78 hectare global (hag) par habitant, pas un centimètre carré de plus. Or la consommation mondiale actuelle exige 2,23 hag productifs par terrien. Et les calculs montrent que si l’ensemble de la population humaine adoptait aujourd’hui le mode de vie des Européens et des Américains, il lui faudrait disposer en surface de quatre à cinq planètes Terre.

    Une autre étude publiée le 26 janvier aux Etats-Unis dans les Annales de l’Académie nationale américaine des sciences (PNAS) montre comment le changement de la température à la surface des océans, des précipitations dans certaines régions du globe et la montée du niveau des océans "sont largement irréversibles pour plus de mille ans après que les émissions de dioxyde de carbone (CO2) auront complètement cessé" (Voir article dans notre rubrique « Environnement »).

    A la lumière de ces avancées scientifiques, on ne peut que rappeler l’enjeu majeur que constitue le futur traité qui doit succéder au protocole de Kyoto en 2012 et définir les nouveaux objectifs planétaires de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Un nombre croissant de scientifiques considèren que l’objectif généralement affiché des 50 % de réduction à l’horizon 2050 est insuffisant et qu’il faudrait déduire de 80 % nos émissions mondiales de GES d’ici le milieu de ce siècle pour avoir une chance d’empêcher un dérèglement majeur et catastrophique du climat terrestre.

    Face à ce défi de civilisation sans précédent il devient de plus en plus évident que, ni l’utilisation massive des énergies renouvelables, ni l’amélioration technologique de l’efficacité énergétique de nos sociétés ne suffiront. Il faudra également réduire "à la source" et de manière considérable nos besoins en énergie dans tous les domaines de la production de biens et de services, ce qui suppose une mutation sociale, culturelle et politique de grande ampleur.

    Nous allons devoir, en deux générations, réinventer notre mode de vie, nos moyens de déplacement, nos villes, notre organisation du travail et bien sur nos systèmes politiques et nos institutions démocratiques. La tâche est immense et presque inhumaine mais nous n’avons pas le choix et la crise financière sans précédent qui secoue la planète doit nous servir de révélateur pour accélérer la transition vers une civilisation durable, plus équitable et plus humaine.